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Introduction
Embellir et moderniser : à chacun son rayon
Yves Rambaud est le délégué général de
l’Union nationale des industries
du bricolage,du jardinage et des
activités de loisirs (Unibal).
Cette organisation regroupe
260 professionnels du secteur.
Un secteur d’activité en
plein essor : « C’est un
marché en croissance régulière.
Il a augmenté de 4 %
en 2004. Il est d’une taille non
négligeable, 18 milliards
d’euros, ce qui représente
deux fois le marché
du meuble, six fois
celui des micro-ordinateurs
et neuf fois celui
de la photo », analyse
Yves Rambaud.
Pourquoi un tel
essor ? Une raison très simple à cela :
« Un foyer sur deux a un projet de
bricolage tous les ans. »
Il s’agit alors de définir ce qu’est
exactement cette activité. La notion
de bricolage a, de fait, évolué considérablement,
du petit entretien et de
la petite intervention de réparation
vers des projets plus importants qui
nécessitent de l’attention, des
connaissances, des équipements et
des produits.
« Le monde du bricolage est extrêmement
varié. Il comprend tout le
petit œuvre de la maison. Quand on
additionne tout cela devient énorme.
C’est une foule de petits et de gros
travaux qui coexistent et mettent en
œuvre des technologies extraordinaires
désormais à la portée du plus
grand nombre. »
A l’heure actuelle le bricolage suit
une évolution profonde : « On passe
de projets purement fonctionnels, du
pratique et efficace, à des projets émotionnels
qui font entrer en ligne de
compte des notions de plaisir,
explique Yves Rambaud. Par
exemple, avant on remplaçait une
poignée de porte cassée par une poignée
de porte qui fonctionnait bien.
Aujourd’hui, on ajoutera à la notion
de fonctionnement celle d’embellissemen
t . On choisira une poignée de
porte plus belle, plus adaptée à l’ensemble
de son domicile. Désormais,
on pratique le bricolage pour embellir
et moderniser. »
Au départ, bien sûr, il existe
un projet fonctionnel : on
veut construire un placard, une terrasse, ajouter des structures.
Cela représente 38 % de la
valeur du projet d’équipement. Le
reste sera constitué par la part émotionnelle,
celle qui veut embellir, le
placard, la terrasse, le mur, etc.
« Parce que, tous les jours désormais,
les gens se rendent compte qu’ils
peuvent se faire plaisir en bricolant.
Le bricolage correspond désormais à
un besoin : rendre plus beau quand
les fonctions basiques sont remplies. »
Cela peut coûter cher. « On
observe en fait que les particuliers ont
tendance à investir beaucoup par
rapport à leurs revenus. L’exemple
typique est celui de la cuisine. On y
met de 1 000 à 5 000 € . Et la fourchette
des possibilités d’achat est large,
du robinet aux meubles de rangement.
Mais on va apprécier cette cuisine
tous les jours. Chaque fois qu’on
va y entrer, on va se dire qu’elle est
mieux qu’avant. Cela justifie la
dépense », explique Yves Rambaud.
« La deuxième grande motivation
du bricolage est fournie par le besoin
de confort. La motorisation des portails
et des portes de garage symbolise
cette évolution. Comme le choix des
cabines de douche qui intègrent un
sauna ou un hammam. Nous
sommes là sur un éventail de prix
très ouverts, qui va de 200 à
10 000 € . Bien sûr, cela nécessite un
peu de technique. Mais on peut expliquer
aux gens ce qu’ils peuvent faire
et comment le faire. Qu’en fait, ce
n’est pas du tout insurmontable. Et
on constate que les arbitrages se font
désormais a priori entre les produits.
Le niveau de prix ne vient qu’en
second. »
Arbitrage entre les produits, soit,
mais le souci est qu’on a envie de
tout. « Tout devient joli, plus facile
à utiliser, et donc l’envie de posséder
et d’utiliser vient très vite, souligne
Yves Rambaud. L’évolution des
techniques rend la pratique du bricolage
beaucoup plus aisée. Les perceuses
sont légères et ergonomiques,
les planchers se clipsent sans souci.
En une demi-journée, on a terminé
une pièce, la plomberie se fait désormais
sans soudure, et, avec un peu
d’attention, l’électricité devient une activité presque sans danger. On a
réussi à rendre tous ces produits
attractifs. Cela amène le client à
hiérarchiser ses besoins et donc ses
achats. »
Des magasins adaptés
On constate donc des progrès
extraordinaires dans le bricolage.
Un exemple, celui du robinet thermostatique
désormais à la portée
de personnes dont, pour certaines,
les grands parents n’avaient pas
l’eau chaude au robinet.
« Ce qu’on met à la disposition
des gens désormais est extraordinair
e , constate Yves Rambaud. Les
progrès des produits sont sensationnels
et cela implique que les magasins
spécialisés s’adaptent et
s’organisent. Ce qu’ils font. A
l’heure actuelle, une grande
enseigne de bricolage propose entre
40 000 et 60 000 références différentes.
Cela est géré avec très peu
de ruptures de stock. Et nécessite
donc des vendeurs spécialisés qui
ont ajouté le conseil et l’orientation
de l’acheteur à leur compétence
technique. »